The Substance est le retour de Demi Moore à l’horreur corporelle intéressante

The Substance est le retour de Demi Moore à l’horreur corporelle intéressante
The Substance est le retour de Demi Moore à l’horreur corporelle intéressante

Dans les années 90, Demi Moore elle fut brièvement l’actrice la mieux payée au monde, gagnant 12 millions de dollars pour Strip-tease. Ce fut l’apogée d’une carrière qui s’est ensuite ralentie, même si Moore a travaillé sur divers projets, dont le récent Querelle : Capote contre. Les Cygnes, où elle a endossé le rôle d’une femme du monde en colère. Pourtant, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu un rôle principal aussi intrigant que celui de La substanceune satire de science-fiction sur l’horreur corporelle, présentée en première au Festival de Cannes le 19 mai.

Le film, du réalisateur français Coralie Fargeatcible brutalement une culture que Moore ne connaît que trop bien : la terrible pression exercée sur les femmes pour qu’elles soient toujours jeunes et belles, malgré la réalité. À cet égard, le casting de Moore n’aurait pas pu être plus approprié : au cours de ses quarante années de carrière, l’actrice a été interrogée par les médias, scrutée, soumise à des spéculations et mise de côté. Peut-être pour se rebeller contre tout cela, ou du moins pour faire un commentaire, Moore se lance dans La substances’engageant avec la passion de quelqu’un qui a quelque chose d’urgent à dire.

L’actrice incarne Elisabeth Sparkle, une ancienne star de cinéma devenue gourou du fitness à la télévision (une allusion claire à Jane Fonda) qui semble en proie à la solitude lorsqu’elle ne sourit pas ou ne lève pas la jambe haute pour les caméras. Lorsqu’elle découvre que les producteurs du programme veulent la changer avec (déjà !) un modèle plus récent, Elisabeth obtient un mystérieux élixir qui, comme le lui promet une voix désincarnée dans une vidéo, créera une version plus jeune d’elle-même.

Cependant, cela ne la rajeunira pas comme le sérum l’a fait. Isabelle Rossellini pour les femmes de La mort te rend belle. Avec un certain goût pour le macabre, il va plutôt créer un deuxième corps à partir de l’ADN d’Elisabeth. De cette façon, elle pourra passer sept jours dans sa jeunesse, jouée par Marguerite Qualleyrevenant à sa version habituelle la semaine suivante, sinon quelque chose de grave pourrait lui arriver – même si on ne lui disait pas quoi.

Attendez-vous, chers lecteurs, qu’Elisabeth respecte cette règle ? Bien sûr que non. Le feriez-vous à la place si vous aviez la chance d’habiter un corps que le monde juge bien plus désirable ? Elisabeth, qui s’appelle Sue dans son nouveau corps, retrouve son emploi et gravit rapidement les échelons de la gloire, tandis que son ancien corps repose en état sur le sol de la salle de bain ou dans un placard caché. Ce renoncement total à soi pour satisfaire les exigences de la société est un triste spectacle. Elisabeth se pose aussi des questions, mais La substance il n’étudie pas de manière approfondie le lien complexe entre les pressions internes et externes.

Fargeat situe le film dans une version hyper-stylisée de notre monde, ce qui compromet peut-être la pertinence de son message. On aimerait que le film soit plus proche de la réalité, pour souligner ainsi le contraste avec la surréalité croissante de la vie privée d’Elisbeth. Sans cette nuance, Fargeat ne peut proposer que des considérations générales, notamment sur la chirurgie plastique et autres actes esthétiques.

Dans cette critique, on blâme peut-être excessivement les femmes qui subissent ces opérations chirurgicales et, dans certains cas, elles vont trop loin. Aussi drôle et spirituel soit-il, La substance raconte l’histoire très triste d’une femme qui se détruit dans l’espoir désespéré de faire le contraire. Fargeat ne se soucie cependant pas de cet aspect et se consacre à accroître la comédie grossière alors que le film dépasse largement les deux heures. Il y a trop de fins, comme si Fargeat, ayant plusieurs bonnes idées à conclure, était incapable de prendre une décision. Alors on les jette tous là-dedans, les uns après les autres, pendant que le film consume les bons locaux sans mordre.

Moore et Qualley font cependant un excellent travail. Moore est particulièrement engageant, apte à gérer une transformation intense qui est probablement le jeu le plus physique qu’il ait réalisé depuis. GI Jeanne. C’est passionnant de voir une actrice (ou un acteur) s’engager autant, faire preuve d’un tel dévouement à la cause de son film. La détermination manifeste de Fargeat mérite la même appréciation. L’engagement a payé et au festival La substance ce fut un grand succès auprès du public.

Il est possible de voir une certaine ironie dans tout cela, si l’on considère le détail ethos sur les femmes et la beauté qui imprègne Cannes. Nous sommes tous ici en train de profiter d’une parodie d’un système auquel nous participons également volontairement. Je suppose que c’est une ironie tragique appropriée La substance, un film méchant et intelligent qui pourrait être plus net mais qui est effectivement émoussé. Au moins, peut-être pourrons-nous nous sentir un peu mieux dans notre peau la prochaine fois qu’une superbe jeune fille de vingt ans passera par là sur la Croisette… Mais à quel prix ?

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